Conférence "Relation entre la gestion globale de l'eau
et le développement de la micro hydraulique" donné à l'occasion du Congrès et Assemblée Générale de la Fédération des Moulins de France

Vendredi 9, samedi 10, dimanche 11 avril 2010




Monsieur Alain Eyquem , Président de la Fédération des Moulins de France a invité l'association des biefs du Pilat à venir exposer le concept de la gestion globale de la ressource en eau à l'occasion de leur Assemblée Générale annuelle 2010 et d'un voyage organisé aux alentours de Saint Etienne pour également visiter quelques moulins de la région.
En effet, étant donné d'une part les difficultés que rencontrent les propriétaires de moulins hydrauliques pour développer la micro hydraulique face à certains organismes qui prétendent que la micro hydraulique présente des nuisances sur les rivières et d'autres part la possibilité de développer le potentiel énergétique des cours d'eau grâce à une gestion globale de la ressource en eau proposée par l'association des biefs du Pilat, cette conférence offre l'occasion d'explications pour envisager des solutions moins critiquables concernant l'impacte sur les cours d 'eau et même des solutions positives dans d'autres domaines que l'exploitation énergétique des cours d'eau.
Le concept de la gestion globale de la ressource en eau par un réseau de biefs complémentaires des cours d'eau qui permettent de prélever latéralement sur ces cours d'eau une partie des débits maximum afin de réinfiltrer l'eau dans les espaces souterrains principalement par le fond des biefs au-delà même des lits majeurs des cours d'eau et même jusqu'aux lignes de partage des eaux entre deux bassin versants,offre une multitude d'avantages dans les domaines de l'approvisionnement en eau , du climat et de l'énergie hydraulique.
Le concept de la gestion globale de l'eau se base sur l'observation de la pluviosité, de la nature et de l'occupation des sols, de l'hydrologie souterraine et des cours d'eau, qui sont de plus en plus perturbés par les activités humaines qui modifient le cycle de l'eau dans le sens de l'assèchement des continents. Le partage des précipitations qui arrivent au sol évolue en augmentant les ruissellements et en réduisant l'infiltration. Ce déficit de rechargement en eau du sous-sol, qui conduit à des pompages de plus en plus profonds ,ne fait que le bonheur des marchands de pompes, de tuyaux et d'énergie qui veillent un peu trop à défendre leur monopole.
La déforestation, le drainage agricole, l'imperméabilisation des sols, l'endiguement des cours d'eau, le pompage de l'eau souterraine réduisent ou surexploitent l'eau souterraine.
Cet assèchement en profondeur de l'écorce terrestre est responsable d'une accumulation du co2 dans l'atmosphère par une réduction de la croissance végétale sur les continents. L'énergie solaire qui permettait cette croissance végétale est alors utilisée à l'augmentation des températures des sols secs qui s'ajoutent à l'effet de serre et on se garde bien d'en parler en mettant uniquement le réchauffement climatique sur le dos des émissions de co2.
L'agrandissement des déserts oblige donc la part du cycle de l'eau atmosphérique à augmenter les vitesses de circulation qui se traduit par des tempêtes plus fortes et fréquentes.
Cette accélération de la circulation de l'eau, en contournant certaines régions trop chaudes où la condensation est réduite, oblige l'eau à aller plus directement sur les zones finales de condensation que sont les pôles et les hauts sommets en y transportant donc plus de chaleur et ceci explique la fonte des glaces et neiges éternelles qui risquent d'évoluer vers de plus fortes précipitations saisonnières et de réduire les pluies ailleurs.
Pour compléter ce tableau du climat qui change par un assèchement des continents, on peut noter que les retours d'air froid et sec des pôles s'accélèrent également en augmentant la sècheresse des continents traversés en ras motte jusqu'aux déserts où l'air revient prendre de la chaleur quotidiennement et après dilatation et en débordant sur les mers environnantes se recharger en eau pour continuer le cycle de l'eau.
Cette vision simplifiée mais globale de la relation eau/climat est peut-être encore à être admise par les chercheurs climatologues qui pour l'instant ont plutôt tendance à dire que c'est à partir des modifications du climat causées par les émissions de co2 ou les activités du soleil que le cycle de l'eau subit des changements qui vont augmenter les factures d'eau par la rareté de l'eau d'une part et que c'est pour cela qu'il faut des énergies non fossiles comme l'énergie nucléaire et non pas ces énergies renouvelables marginales comme le vent , le solaire ou d'autres appelées à disparaître pour nuisances écologiques comme la micro hydraulique…
Il semble pourtant que cette version inverse des modifications cycle de l'eau/climat fait des adeptes. Si elle s'avérait exacte, elle a le mérite de permettre une solution qui pourrait ouvrir un débat, proposer des projets scientifiques à grandes échelles, et offrir des avantages locaux et à court terme de développement dans de nombreux domaines avant de changer significativement le climat à moins que la situation climatique évolue en urgence.
Si on voulait appliquer le concept de la gestion globale de l'eau pour augmenter le étiages et étaler le débit des cours d'eau afin de développer l'énergie de la micro hydraulique, il est possible et même certain que cela ne suffise pas pour convaincre des décideurs.
Le décompte des moulins disparus en France montre bien la potentialité de l'énergie hydraulique des cours d'eau. On est passé de 100000 à 7000 moulins.
Si malgré cette potentialité l'hydraulique les moulins sont considérés comme des curiosités du passé, c'est sans doute que le problème est mal posé et donc mal résolu.
Les premiers moulins hydrauliques étaient des roues à aubes qui étaient alimentés en eau par des biefs qui prélevaient latéralement l'eau des cours d'eau. Pour mieux utiliser l'énergie, chaque moulin avait un bassin en bout de bief, près du moulin, afin d'augmenter les débits instantanés et donc la puissance. L'emplacement du bassin ne perturbait pas le cours d'eau et le bassin se remplissait en permanence avec un faible débit alors que le moulin pouvait utiliser l'eau pendant quelques heures mais avec un débit plus important que le débit de remplissage du bassin.
Les biefs d'alimentation des moulins n'étaient pas complètement étanches, puisque creusés à même la terre, permettaient donc l'infiltration de l'eau dans les sols le long des biefs de plusieurs centaines de mètres et ils maintenaient les lits majeurs des rivières bien irrigués.
Hélas si les biefs pouvaient avoir la double fonction de produire l'énergie et d'assurer une irrigation gravitaire, l'évolution de la technique qui a suivi n'a pas était en faveur du maintien de cet avantage écologique de ces zones humides contrôlées.
L'arrivée des turbines, des pompes et de l'électricité et donc du moteur électrique a fait d'abord reculer les roues à aubes en les remplaçant par des turbines qui ont permis d'augmenter les hauteurs d'eau en réduisant les débits. Cela s'est fait en utilisant d'abord les bassins des anciennes roues a aubes ou en en construisant de nouveaux à coté des cours d'eau et plus haut en amont. Hélas le gigantisme a permis, sans se soucier de nuisance écologique, de faire des barrages de plus en plus gros en travers des cours d'eau et des conduites forcées creusées dans la roche des montagnes. Les biefs ont été abandonnés pour être remplacés par ces conduites forcées qui envoyaient les poissons égarés se faire hacher dans les turbines à grandes vitesses. Ces conduites forcées sont des détournements de cours d'eau sans effet compensateurs. Les biefs étaient un élargissement des lits des cours d'eau.
La production centralisée d'énergie et le moteur électrique indépendant sur chaque machine ont taillé en pièces les productions locales d'énergie même si les campagnes de sont couverts de lignes électriques pour distribuer l'énergie autrement que par des canaux distributeurs d'énergie où on pouvait pêcher ou se baigner….Petit à petit des milliers de moulins ont abandonné l'énergie hydraulique et même les moteurs à pistons venus en renfort mais trop tard.
Actuellement Le 21ième siècle repose le problème autrement et même malgré les résistances des monopoles de l'énergie on assiste à une pression des énergies renouvelables propres de petite dimension.
Le potentiel énergétique hydraulique de la micro hydraulique est toujours présent et la somme des produits hauteur x débits de l'ensemble du réseau des cours d'eau est supérieure à celui qui permet l'implantation de gros barrages. La micro hydraulique en s'alliant au concept de la gestion globale de la ressource en eau qui permet une exploitation énergétique " au fil de l'eau " pourrait se passer des barrages sur les cours d'eau et donc redonner au cours d'eau leur écoulement libre tout en participant au re-développement d'activités multiples dans les campagnes. L'application de la gestion globale de la ressource en eau qui comprends des retenues collinaires permettant des transferts d'eau par les biefs en certaines zones facilement aménageable pourrait offrir dans ces retenues une part de l'eau réservée au micro turbinage c'est-à-dire haute pression et faible débit. Ce genre d'installation serait plutôt sous le contrôle des petites collectivités.



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